Les dates et chiffres à connaître
- Instruction obligatoire
- de 3 à 16 ans
- Obligation de formation
- de 16 à 18 ans (depuis 2020)
- Lois Jules Ferry
- 1881 (gratuité) et 1882 (obligation, laïcité)
- Loi sur les signes religieux à l’école publique
- 15 mars 2004
- Scolarisation des enfants handicapés
- loi du 11 février 2005
- Interdiction des violences éducatives
- loi du 10 juillet 2019
- Majorité civile
- 18 ans (depuis 1974)
- Majorité numérique
- 15 ans
- Enfance en danger
- 119
- Harcèlement et cyberharcèlement
- 3018
- Défaut d’instruction (sanction maximale)
- 6 mois de prison et 7 500 € d’amende
L’instruction obligatoire de 3 à 16 ans
En France, l’instruction est obligatoire pour tous les enfants de 3 à 16 ans qui vivent sur le territoire, filles et garçons, français ou étrangers, même si leurs parents sont en situation irrégulière. Le maire ne peut pas refuser d’inscrire un enfant. L’âge de début est passé de 6 à 3 ans à la rentrée 2019.
Depuis 2020, les jeunes de 16 à 18 ans ont en plus une obligation de formation : ils doivent être en études, en apprentissage, en emploi ou en service civique. Un jeune de 15 ans ne peut donc pas quitter l’école pour travailler.
Des parents qui refusent d’inscrire leur enfant, malgré une mise en demeure et sans excuse valable, risquent jusqu’à 6 mois de prison et 7 500 € d’amende. L’instruction en famille, à la maison, reste possible, mais seulement avec une autorisation préalable de l’Éducation nationale, pour des motifs précis comme la santé ou le handicap. Des contrôles ont lieu chaque année.
Le parcours scolaire, de la maternelle au baccalauréat
L’école publique est gratuite. Pour la maternelle et l’élémentaire, on inscrit d’abord son enfant à la mairie de sa commune, qui indique l’école de son secteur ; le directeur de l’école l’admet ensuite. Prévoyez notamment un justificatif de domicile, un document d’identité de l’enfant et son carnet de vaccinations.
- École maternelle, de 3 à 6 ans (parfois dès 2 ans) : petite, moyenne et grande section.
- École élémentaire, 5 ans : CP, CE1, CE2, CM1, CM2.
- Collège, 4 ans : de la 6e à la 3e ; il se termine par le diplôme national du brevet (DNB).
- Lycée, 3 ans : seconde, première et terminale ; il se termine par le baccalauréat (général, technologique ou professionnel), créé en 1808, qui ouvre l’accès aux études supérieures.
Les règles de l’école publique
L’école publique est laïque depuis les lois de Jules Ferry (1881-1882). Depuis la loi du 15 mars 2004, les élèves des écoles, collèges et lycées publics ne peuvent pas porter de signes ou de tenues qui montrent de façon visible leur appartenance religieuse. Les enseignants, eux, doivent toujours rester neutres.
Tous les enseignements sont obligatoires, pour les filles comme pour les garçons : le sport, la natation, les sciences, l’histoire et l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité. Un parent ne peut pas dispenser son enfant d’un cours pour des raisons religieuses. Quand une cantine existe, tous les élèves peuvent s’y inscrire, sans distinction.
En cas d’absence, les parents doivent prévenir l’école et en donner le motif. Les motifs acceptés sont par exemple la maladie de l’enfant ou un événement familial important, comme un décès. Partir en vacances avant la date officielle n’est pas un motif valable. Si un enfant manque au moins quatre demi-journées dans le mois sans motif valable, l’école doit le signaler.
Une école pour tous les enfants
Les élèves qui arrivent en France sans bien parler français sont inscrits dans une classe ordinaire, avec les élèves de leur âge. Ils suivent en plus des cours de français dans une unité pédagogique pour élèves allophones arrivants (UPE2A), afin de rejoindre au plus vite tous les cours.
Depuis la loi du 11 février 2005, tout enfant en situation de handicap a le droit d’être inscrit dans l’école la plus proche de chez lui. L’école adapte sa scolarité : accompagnant (AESH), classe ULIS, aménagements des examens. Pour un enfant qui a une maladie chronique ou une allergie grave, un projet d’accueil individualisé (PAI) précise les précautions à prendre, par exemple pour les repas.
Les parents et l’école
Les parents sont les premiers partenaires de l’école. Ils suivent le travail de leur enfant, lisent les messages des enseignants et participent aux réunions. Chaque année, en début d’année scolaire, ils élisent leurs représentants, qui siègent au conseil d’école en primaire, puis au conseil d’administration et aux conseils de classe au collège et au lycée. Chaque parent est électeur, même après une séparation.
Quand un enfant reçoit une sanction, par exemple pour un comportement irrespectueux, les parents peuvent en discuter avec l’établissement. Mais la bonne attitude est de soutenir l’autorité de l’école et d’expliquer à l’enfant pourquoi les règles doivent être respectées.
L’autorité parentale
L’autorité parentale est l’ensemble des droits et des devoirs des parents, dans l’intérêt de l’enfant, jusqu’à sa majorité (article 371-1 du Code civil). Les parents doivent protéger sa sécurité, sa santé et sa moralité, assurer son éducation et permettre son développement, en respectant sa personne. Depuis la loi du 10 juillet 2019, l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques : la fessée, la gifle et les humiliations sont interdites.
En principe, le père et la mère exercent l’autorité parentale ensemble, qu’ils soient mariés ou non, et même après une séparation ou un divorce. Pour les décisions importantes, comme choisir la religion de l’enfant ou faire une opération non urgente, l’accord des deux parents est nécessaire. S’ils ne s’entendent pas, le juge aux affaires familiales décide, notamment de la résidence de l’enfant.
La majorité est fixée à 18 ans depuis 1974. Jusqu’à cet âge, les parents sont civilement responsables des dommages causés par leur enfant qui vit avec eux : ils doivent réparer le préjudice. L’adolescent, lui, peut être jugé par la justice des mineurs.
Protéger l’enfant
Protéger les enfants est l’affaire de tous. Si vous pensez qu’un enfant est maltraité, appelez le 119, Allô Enfance en danger, gratuit et ouvert 24 heures sur 24, ou alertez les services sociaux. En cas de danger immédiat, appelez le 17.
Le harcèlement scolaire est un délit. Si votre enfant est harcelé, prévenez rapidement l’enseignant ou le directeur. Pour le harcèlement en ligne, gardez des captures d’écran, signalez les contenus à la plateforme et appelez le 3018, gratuit et anonyme. Vous pouvez aussi porter plainte.
Sur internet, la « majorité numérique » est fixée à 15 ans : avant cet âge, l’accord des parents est nécessaire pour qu’un service en ligne utilise les données personnelles de l’enfant. Enfin, un mineur qui voyage à l’étranger sans ses parents doit avoir une autorisation de sortie du territoire signée par l’un d’eux.
Les pièges à éviter le jour de l’examen
- L’instruction est obligatoire jusqu’à 16 ans, pas 18 ans : entre 16 et 18 ans, c’est une obligation de formation, qui peut se faire en apprentissage ou en emploi.
- On inscrit son enfant à l’école maternelle ou élémentaire publique à la mairie, pas à la préfecture.
- Un divorce ne retire pas l’autorité parentale à l’un des parents : en principe, les deux continuent de l’exercer.
- La fessée et la gifle sont interdites, même pour « éduquer » l’enfant.
- L’instruction en famille n’est pas un libre choix : elle demande une autorisation préalable.
Questions fréquentes
Ma fille peut-elle porter le voile à l’école publique ?
Non. Depuis la loi du 15 mars 2004, les élèves des écoles, collèges et lycées publics ne peuvent pas porter de signes religieux ostensibles. Cette règle ne s’applique pas à l’université.
Peut-on choisir l’école publique de son enfant ?
En principe, l’enfant va dans l’école de son secteur, selon son adresse. Les parents peuvent demander une dérogation, par exemple pour rapprocher des frères et sœurs, mais elle n’est pas toujours accordée.
Après une séparation, puis-je déménager loin avec mon enfant ?
Vous devez prévenir l’autre parent à l’avance si le déménagement change l’organisation de la garde. En cas de désaccord, c’est le juge aux affaires familiales qui décide, dans l’intérêt de l’enfant.
Mon enfant peut-il refuser le cours de natation ?
Non. La natation fait partie de l’éducation physique et sportive, qui est obligatoire pour tous les élèves. Seule une raison médicale, avec un certificat, peut justifier une dispense.
Qu’est-ce que le conseil d’école ?
C’est une réunion qui a lieu au moins une fois par trimestre à l’école maternelle ou élémentaire. Il rassemble le directeur, les enseignants, des représentants de la mairie et les représentants élus des parents pour parler de la vie de l’école.
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