Les dates et chiffres à connaître
- Constitution de la Ve République
- Approuvée le 28 septembre 1958, promulguée le 4 octobre 1958
- Résidence du Président
- Palais de l’Élysée
- Résidence du Premier ministre
- Hôtel de Matignon
- Assemblée nationale
- 577 députés, au Palais Bourbon
- Sénat
- 348 sénateurs, au palais du Luxembourg
- Conseil constitutionnel
- 9 membres nommés pour 9 ans
- Intérim du Président
- Le Président du Sénat (article 7)
- Modifier la Constitution
- Article 89 : référendum ou Congrès à la majorité des 3/5
- Communes
- Près de 35 000
- Départements
- 101 (96 en métropole, 5 en outre-mer)
- Régions
- 18 (13 en métropole, 5 en outre-mer)
La Constitution de 1958
La Constitution actuelle a été préparée à l’initiative du général de Gaulle. Elle a été approuvée par référendum le 28 septembre 1958 et promulguée le 4 octobre 1958. Elle a créé la Ve République, qui a remplacé la IVe République née en 1946.
La Constitution est la règle la plus haute : toutes les lois doivent la respecter. Elle organise les pouvoirs publics et protège les droits fondamentaux. Son préambule renvoie à trois textes : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le préambule de la Constitution de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004.
Modifier la Constitution est plus difficile que modifier une loi. Selon l’article 89, le texte doit d’abord être voté dans les mêmes termes par l’Assemblée nationale et par le Sénat. Il doit ensuite être approuvé soit par référendum, soit par le Parlement réuni en Congrès à Versailles, à la majorité des trois cinquièmes. La Constitution a été révisée de nombreuses fois, par exemple en 2008 ou en 2024 pour y inscrire la liberté de recourir à l’IVG.
La séparation des pouvoirs
Pour éviter qu’une seule personne ait tous les pouvoirs, la République les répartit entre trois autorités. Cette idée a été développée par le philosophe Montesquieu au XVIIIe siècle. L’article 16 de la Déclaration de 1789 affirme qu’une société sans séparation des pouvoirs « n’a point de Constitution ».
- Le pouvoir législatif fait les lois : c’est le Parlement (Assemblée nationale et Sénat).
- Le pouvoir exécutif applique les lois et dirige le pays : c’est le Président de la République et le Gouvernement.
- L’autorité judiciaire juge les litiges et sanctionne les infractions : ce sont les juges et les tribunaux.
Le Président de la République
Le Président est le chef de l’État. Il travaille au palais de l’Élysée, à Paris. Selon l’article 5 de la Constitution, il veille au respect de la Constitution et assure, par son arbitrage, le bon fonctionnement des pouvoirs publics. Il est le garant de l’indépendance nationale et le chef des armées.
Ses principaux pouvoirs : il nomme le Premier ministre (article 8) et, sur sa proposition, les ministres. Il préside le Conseil des ministres. Il promulgue les lois, c’est-à-dire qu’il les signe pour qu’elles s’appliquent. Il peut dissoudre l’Assemblée nationale (article 12), ce qui entraîne de nouvelles élections législatives ; il l’a fait par exemple en 2024. Il peut aussi soumettre certains projets au référendum et accorder une grâce à une personne condamnée.
Ses pouvoirs sont limités. Beaucoup de ses décisions doivent être signées aussi par le Premier ministre. Pendant son mandat, il ne peut pas être poursuivi devant les tribunaux ordinaires (article 67), mais le Parlement réuni en Haute Cour peut le destituer en cas de manquement grave à ses devoirs (article 68). Après son mandat, il redevient un justiciable comme les autres.
Si le Président meurt, démissionne ou ne peut plus exercer ses fonctions, c’est le Président du Sénat qui assure l’intérim jusqu’à une nouvelle élection (article 7). C’est arrivé deux fois, avec Alain Poher, en 1969 et en 1974.
Le Premier ministre et le Gouvernement
Le Premier ministre n’est pas élu : il est nommé par le Président. Il travaille à l’hôtel de Matignon, à Paris. Il dirige l’action du Gouvernement et assure l’exécution des lois (article 21). Le Gouvernement, formé du Premier ministre et des ministres, « détermine et conduit la politique de la Nation » (article 20). Les ministres se réunissent chaque semaine en Conseil des ministres, en général le mercredi, à l’Élysée.
Le Gouvernement est responsable devant l’Assemblée nationale. Si une majorité de députés vote une motion de censure, le Gouvernement doit démissionner. Le Premier ministre doit donc avoir le soutien de l’Assemblée. Quand le Président et la majorité des députés ne sont pas du même camp politique, le Président nomme souvent un Premier ministre issu de cette majorité : on parle de cohabitation.
Un ministre qui commet un crime ou un délit dans l’exercice de ses fonctions est jugé par la Cour de justice de la République. Pour les faits de sa vie privée, il est jugé par les tribunaux ordinaires, comme tout le monde.
Le Parlement : Assemblée nationale et Sénat
Le Parlement vote la loi, adopte le budget, contrôle l’action du Gouvernement et évalue les politiques publiques (article 24). Il a deux chambres. L’Assemblée nationale réunit 577 députés au Palais Bourbon. Le Sénat réunit 348 sénateurs au palais du Luxembourg ; il représente particulièrement les collectivités territoriales.
Un projet ou une proposition de loi fait la « navette » : il passe d’une chambre à l’autre jusqu’à ce que les deux votent le même texte. Si elles ne sont pas d’accord, le Gouvernement peut demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement : elle a alors le dernier mot. Seule l’Assemblée peut renverser le Gouvernement.
Le Conseil constitutionnel et la justice
Le Conseil constitutionnel vérifie que les lois respectent la Constitution. Il compte 9 membres nommés pour 9 ans, non renouvelables : 3 par le Président de la République, 3 par le président de l’Assemblée nationale et 3 par le président du Sénat. Depuis 2010, une personne qui a un procès peut aussi contester une loi déjà en vigueur grâce à la question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Le Conseil veille aussi à la régularité de l’élection présidentielle, des législatives et des référendums.
L’autorité judiciaire est indépendante. Selon l’article 66, elle est la gardienne de la liberté individuelle : personne ne peut être détenu arbitrairement. Il existe deux grands ordres de juridictions. Les juridictions judiciaires jugent les conflits entre personnes et les infractions : le tribunal de police pour les contraventions, le tribunal correctionnel pour les délits, la cour d’assises pour les crimes, puis la cour d’appel et la Cour de cassation. Les juridictions administratives jugent les conflits avec l’administration : tribunal administratif, cour administrative d’appel, Conseil d’État.
Dans un État de droit, l’administration doit elle aussi respecter la loi. Si vous contestez une décision, comme un refus de titre de séjour, vous pouvez faire un recours gracieux auprès de l’administration, puis saisir le tribunal administratif, souvent dans un délai de 2 mois. Personne n’a le droit de se faire justice soi-même : la victime d’un vol porte plainte et c’est le juge qui sanctionne.
Communes, départements et régions
L’article 1er de la Constitution précise que l’organisation de la République est décentralisée. Les collectivités territoriales sont administrées par des conseils élus pour 6 ans. Elles ont chacune leurs missions.
- La commune (près de 35 000) : dirigée par le maire et le conseil municipal. Elle gère l’état civil (naissances, mariages, décès), les écoles maternelles et élémentaires, l’urbanisme (permis de construire) et de nombreux services de proximité.
- Le département (101, dont 96 en métropole et 5 en outre-mer) : dirigé par le président du conseil départemental. Il s’occupe de la solidarité (RSA, aide sociale à l’enfance, aides aux personnes âgées et handicapées), des collèges et des routes départementales.
- La région (18, dont 13 en métropole et 5 en outre-mer) : dirigée par le président du conseil régional. Elle gère les lycées, les trains régionaux (TER), le développement économique et la formation professionnelle.
L’État sur le territoire : préfet, maire, police et gendarmerie
Le préfet représente l’État dans le département et, pour le préfet de région, dans la région. Ce n’est pas un élu : c’est un haut fonctionnaire nommé par le Président de la République en Conseil des ministres. Il veille au respect des lois et à l’ordre public. Les préfectures délivrent notamment les titres de séjour.
Le maire a deux rôles. Il dirige la commune et applique les décisions du conseil municipal. Il agit aussi au nom de l’État : il est officier d’état civil, il organise les élections et il est officier de police judiciaire.
La sécurité est assurée par la police nationale, surtout dans les villes, et par la gendarmerie nationale, surtout dans les zones rurales et périurbaines. La gendarmerie est une force militaire. Les deux dépendent du ministère de l’Intérieur. Beaucoup de communes ont aussi une police municipale, placée sous l’autorité du maire. La police arrête les suspects, mais elle ne fait pas les lois et ne juge pas.
Les pièges à éviter le jour de l’examen
- Le Premier ministre est nommé par le Président, il n’est pas élu ; le préfet non plus, alors que le maire est élu par le conseil municipal.
- L’intérim du Président est assuré par le Président du Sénat, pas par le Premier ministre ni par le président de l’Assemblée nationale.
- Le Parlement, ce sont deux chambres : l’Assemblée nationale (577 députés) et le Sénat (348 sénateurs) ; ne confondez pas leurs chiffres.
- La commune gère les écoles, le département les collèges et la région les lycées : l’ordre suit l’âge des élèves.
- La Constitution est datée du 4 octobre 1958 (promulgation), même si le référendum a eu lieu le 28 septembre 1958.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une cohabitation ?
C’est une situation où le Président et la majorité de l’Assemblée nationale ne sont pas du même camp politique. Le Président nomme alors en général un Premier ministre issu de la majorité des députés.
Que se passe-t-il quand le Président dissout l’Assemblée nationale ?
Les députés perdent leur mandat et de nouvelles élections législatives sont organisées. Le Président ne peut pas dissoudre de nouveau dans l’année qui suit ces élections.
À quoi sert la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) ?
Elle permet à une personne qui a un procès de dire qu’une loi appliquée à son affaire ne respecte pas ses droits garantis par la Constitution. Le Conseil constitutionnel peut alors abroger cette loi.
Quelle est la différence entre la police nationale et la gendarmerie ?
Les deux assurent la sécurité et dépendent du ministère de l’Intérieur. La police travaille surtout en ville, la gendarmerie, qui est une force militaire, surtout à la campagne et en périphérie des villes.
Qui juge un litige avec la préfecture ou la mairie ?
Le tribunal administratif. On peut d’abord demander à l’administration de revoir sa décision par un recours gracieux, puis saisir le tribunal dans les délais indiqués sur la décision.
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